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Visit'a nou... by EUROPCAR-Réunion

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Petit guide des bons plans et des sites incontournables sur l'île de la Réunion

Publié le par Europcar Reunion
La « diagonale des fous » du 23 au 26 octobre 2014  22 ème édition

3 formats de courses:

La diagonale des fous : 164km 9917M D+

Le trail de Bourbon : 93km 5208M D+

La Mascareignes : 67km 4001D+

Profil de la course

Profil de la course

La « diagonale des fous » s’inscrit dans une pratique sportive désormais « mondialisée » qui, par ailleurs, est devenue aussi un enjeu économique et commercial important. Mais, au-delà de ces aspects, certes importants, la course est d’abord et avant tout une aventure. Une aventure individuelle pour qui en prend le départ, un accomplissement individuel aussi pour celles et ceux qui « bouclent » le parcours et deviennent ainsi des « finishers », mais aussi, et même surtout, une aventure collective, patrimoniale et identitaire. Les « Hauts » de l’île, « support » essentiel de la course, portent en effet les traces et la mémoire de l’histoire collective et aventureuse d’un espace à part, à travers le « marronnage », mais aussi à travers la conquête pionnière de ces territoires « à part ». D’une certaine manière, renouant avec les fils du temps, les aventuriers de la « diagonale des fous » retissent une partie d’un pan de l’histoire insulaire, souvent sombre et longtemps occulté ou minoré, voire dénigré ou raillé : celui d’individus isolés, ou de familles entières, qui ont su survivre et vivre à travers les décennies, dans des conditions précaires et dans l’incertitude des lendemains, mais librement et sans entraves. Il y a bien là, chez chaque « Grand raideur » réunionnais une certaine fierté intériorisée à renouer, consciemment ou non, avec le passé de ces premiers arpenteurs des « Hauts ».

Renouer avec l’aventure...

Les efforts produits dans cette aventure volontaire, efforts conduits jusqu’à l’extrême limite pour beaucoup, ont longtemps fait le quotidien des habitants des « Hauts ». Les déplacements sur de longues distances et avec des charges conséquentes, pour aller vendre par exemple sa maigre production sur les marchés urbains, ne constituait pas un exploit, mais une pratique quotidienne et banale… Les habitants de Grand îlet ou de Bord Martin (Cirque de Salazie) n’avaient nul besoin d’un « dossard », encore moins de « chaussures de trail » coûteuses, pour franchir la redoutable paroi de la Roche écrite, avant de redescendre la « planèze » vers Saint-Denis et ses marchés. Dans leurs déplacements quotidiens vers les quelques rares écoles du cirque, les petit(e)s Mafatais(e)s, des divers îlets épars, parcouraient chaque jour des kilomètres et franchissaient des dénivelés qui leur semblaient appartenir naturellement à leur vie. Le Grand raid s’inscrit naturellement et logiquement dans cette histoire.

Cette course diffère aussi de nombre de courses de même « format ». En effet, le caractère identitaire du Grand Raid induit aussi des comportements en course qui différent sensiblement de ce qui peut se passer ailleurs et dans des circonstances comparables. Il existe en effet un certaine convivialité solidaire entre coureurs, alors que dans d’autres courses, la « concurrence » est bien plus sensible et l’individualisme bien plus marqué. Sur les sentiers du Grand Raid, des concurrents n’hésitent pas à ravitailler un camarade en difficulté, à s’arrêter - parfois longuement - pour s’enquérir d’éventuels soucis de « santé » ou techniques et réconforter une personne en détresse physique et/ou psychologique (ça arrive !)… ou, pour simplement « casser la blague ». Et il n’est pas rare d’entendre, même au cœur de la nuit et alors que tout le monde ou presque progresse « dans le dur », de grands éclats de rire fuser au détour d’un chemin !

Ainsi se vit annuellement cette grande aventure qui est aussi de nature « géographique », car l’île est alors traversée de part en part, par des tracés qui, en s’affranchissant des obstacles les plus considérables, permettent de révéler aux coureurs toutes les facettes paysagères des « Hauts » de l’île, même s’il est parfois difficile, voire impossible pour beaucoup, d’apprécier à leurs juste mesure les paysages traversés. Bien souvent, la vision du coureur se rétrécit progressivement aux quelques mètres carrés qui le précède, « lus » et automatiquement « balayés » avec un souci permanent des « appuis » les plus assurés… Il semble toutefois très exagéré d’avancer que : « Les paysages sont exceptionnels , mais les concurrents n’ont pas tout le temps de les admirer » . La participation d’un grand nombre de concurrents ne s’explique pas uniquement par le seul souci d’un défi physique et psychologique à relever. Pour bon nombre d’entre eux, c’est essentiellement le fait de réaliser un effort de longue durée, en altitude et dans des conditions variées, parfois imprévisibles, qui motive une participation : les paysages sont bien le support mouvant de cette traversée insulaire au long cours.

Une diagonale pour un long « transect » paysager au cœur des « Hauts »

Le tracé de la « diagonale des fous » est évolutif car il doit s’adapter, bon an mal an, à diverses contraintes. Une donnée fondamentale est à prendre en compte sur les « supports » physiques de la course : le réseau des sentiers. Ces sentiers sont soumis à des aléas multiples et se dégradent parfois jusqu’à devenir impraticables, voire franchement dangereux, notamment pour des coureurs qui se retrouvent fréquemment dans des conditions de progression très délicates : fatigue extrême (notamment lors des phases nocturnes de la cours), épuisement physique et psychologique, blessures variées, dégradation des conditions climatiques, … Des sentiers praticables de jour et en conditions normales peuvent devenir alors de véritables pièges infernaux, surtout pour les raideurs peu ou pas familiers de ces sentiers insulaires souvent très exigeants, fort peu « roulants » mais plutôt « cassants » (comme les qualifient les coureurs), voire franchement destructeurs pour certains.

Cette « diagonale des fous » est une aventure toujours exceptionnelle. Elle représente beaucoup pour La Réunion car elle s’est inscrite dans son patrimoine. Bien plus qu’un simple événement sportif annuel, elle donne de l’île une image qui reflète sa réelle diversité. La très grande variété de paysages et lieux chargés d’histoire qui sont traversés est à l’image d’une île complexe et paradoxale : du quasi désert lunaire de la plaine des sables aux forêts les plus humides, de la froidure nocturne Mafataise à l’intense chaleur méridienne subie sur un sentier découvert, les coureurs vivent, tous ensemble, mais chacun à son rythme et dans sa quête personnelle, une aventure unique, jamais semblable d’une « édition » à une autre, une aventure toujours marquante.

Texte de Thierry Simon, Maître de conférences HDR, Directeur du département de géographie de l’université de La Réunion.

Bonne aventure à tous les fous qui prendront le départ dans 10 Jours ;-)

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Reunews 20/04/2015 11:23

Reunews parle aussi de la diagonale des fous !! ;)
https://reunews.wordpress.com/2015/03/17/3-2-1-partez/

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